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le DIF, 6 ans après...

Le 08.02.2010
Lancé en 2004, le DIF peine à s'imposer dans l'entreprise. Entre méconnaissance chez les salariés, et difficulté d'obtention, le dispositif de formation continue demeure sous-utilisé...


Dispositif méconnu


En 2009, entre 8 et 9% des salariés auront suivi une formation dans le cadre du DIF, chiffre en progression par rapport à 2008 (5%). Il faut dire que les salariés ne sont pas suffisamment informés au sujet de leur droit. 49% d'entre eux connaissent le DIF et 28% connaissent le nombre d'heure de formation qui leur revient. Les entreprises, obéissant aux obligations légales de communiquer sur le dispositif, auront pourtant joué le jeu pour la plupart.


Ambigüité


Là réside le mal entendu du DIF, ce droit, destiné au salarié, doit tout de même recevoir l'aval de ses supérieurs. Le salarié a juste, en fin de compte, le droit…d'en faire la demande, le dernier mot revenant à l'entreprise.


Contenu explosif


Le DIF stipule que chaque salarié, bénéficie de 20 heures de formation par an cumulables sur 6 ans. Compte tenu du grand nombre de salariés ignorant le dispositif, ce crédit d'heure est sous-exploité. Il pourrait néanmoins vite devenir ingérable pour les entreprises, si les 10 millions de salariés disposant des 120 heures de formation au titre du DIF, en faisaient la demande auprès de leurs employeurs. Les directions s'y préparent, d'après une enquête de la Cegos, 62% des DRH prévoient une augmentation des demandes en 2010, et 44% tablent sur un nombre de refus plus important.


Les entreprises doivent aussi faire face à la gestion des postes vacants des salariés en formations, même si bon nombre d'organismes de formation se sont adaptés aux agendas professionnels, proposant ainsi des formations le soir et pendant les week-ends. Et parmi les ayant-droit des 120 heures, 44% des salariés songent à suivre une formation longue, et s'engager dans des cursus diplômants ou qualifiants. Un véritable casse tête s'annonce.


Et que dire des OPCA (organismes paritaires collecteurs agrées) qui par manque de moyen ont du cesser de financer le DIF. Pour la nouvelle année on mise déjà sur une baisse des cotisations allouées au DIF, certaines branches professionnelles ont même déjà réduit le champ de formation pour lesquelles le dispositif s'applique. Les formations de langue et de développement personnel pourrait en pâtir les premières.